Chez les moutons et les chèvres élevés au pâturage, certains parasites présentent une résistance avérée aux vermifuges courants. C’est ce qui ressort d’une étude menée conjointement par des experts de laboratoires spécialisés du centre INRAE Occitanie-Toulouse. En l’absence de mesures adaptées, le phénomène pourrait mettre en péril la filière lait ovine dans le département.
Des parasites qui infestent la zone gastro-intestinale
Cette étude pointe du doigt les strongles gastro-intestinaux. Il s’agit de petits vers ronds qui se logent dans l’appareil digestif des animaux. Plusieurs espèces de ces parasites peuvent infecter les ovins sur leurs lieux de pâture : Teladorsagia circumcincta et Hæmonchus contortus s’installent dans les parties stomacales, Trichostrongylus columbriformis vit pour sa part dans l’intestin grêle.
L’infestation par ces vers peut causer des diarrhées chroniques et une altération de l’état général de l’animal, une perte d’appétit (et de poids) et une diminution notable de la production de lait chez les bêtes touchées.
Hæmonchus contortus représente une menace plus importante. Ce parasite se nourrit du sang de l’animal qu’il envahit, provoquant une anémie plus ou moins grave et une grosse fatigue pouvant être rapidement fatales.
Une résistance aux vermifuges habituels
Le traitement habituel contre les strongles gastro-intestinaux consiste à administrer un vermifuge au mouton. La posologie et le mode d’administration sont déterminés par le vétérinaire selon l’intensité de l’infestation, l’état de l’animal et le cycle parasitaire.
Dans la majorité des cas, le professionnel préconise des benzimidazoles ou des lactones macrocycliques. Ces produits sont les plus indiqués pour éliminer tout risque pour les humains qui consommeront la viande ou le lait. À la période de lactation, l’éprinomectine est souvent privilégiée.
Cependant, il a été démontré que Hæmonchus contortus, responsable de l’hæmonchose, a acquis une résistance à ces molécules au cours des deux dernières décennies, en particulier aux benzimidazoles et à l’éprinomectine.
Un enjeu important pour les éleveurs laitiers
L’inefficacité progressive de ces anthelminthiques constitue un problème majeur pour les éleveurs de brebis. Confirmée par plusieurs études, la résistance à l’éprinomectine risque de mettre en danger de nombreux troupeaux et menace la production laitière destinée à la fabrication de fromages de brebis et autres aliments dérivés de ce lait.
Pour limiter les dégâts et protéger la filière, les éleveurs et les autorités sanitaires (y compris l’ANSES) doivent se pencher sérieusement sur la question.

